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Habitué au calme du VI arrondissement parisien, l’établissement privé catholique Stanislas est depuis plusieurs jours sous le feu des projecteurs, après une succession de polémiques. Tout a commencé lorsque la nouvelle ministre de l’Education nationale, Amélie Oudéa-Castéra, a justifié la scolarisation de ses trois enfants dans cet établissement en évoquant les “heures non remplacées” dans l’enseignement public, suscitant alors un tollé auprès du corps enseignant.

Puis sont venues, dans la presse, la révélation d’une enquête du parquet pour injures sexistes et homophobes perpétrées au sein de l’établissement et, ce dimanche 21 janvier, celle concernant des soupçons de “contournement” du système Parcoursup. L’établissement privé a été rappelé à l’ordre par le ministère de l’Enseignement supérieur à ce sujet.

Une enquête ouverte pour injures sexistes et homophobes au sein de l’établissement

Période agitée pour l’école Stanislas. Après les propos de la ministre de l’Education Amélie Oudéa-Castéra, justifiant la scolarisation de ses enfants dans le privé en raison de l’absentéisme des professeurs dans leur précédente école publique (accusations qui se sont révélées par la suite être fausses), la presse s’est intéressée au discret établissement du VIe arrondissement de Paris, comme L’Express l’avait déjà fait lors d’une enquête en juin 2022.

Mediapart a ainsi révélé, mardi 16 janvier, que l’école avait fait l’objet d’un rapport de l’Education nationale, concernant “des dérives dans l’application du contrat d’association” de l’établissement avec l’État, comme l’obligation de suivre des cours de catéchisme. Le contenu de ces cours a également attiré l’attention des enquêteurs, alors qu’un ex-intervenant y aurait tenu des propos à caractère homophobe et sexiste.

Ce parent d’élève, catéchiste bénévole, aurait parlé “de l’interdiction des relations sexuelles avant le mariage, de sodomie qui apporte le sida, de l’homosexualité qui est un péché”, selon un témoignage rapporté par les inspecteurs. Il a ensuite été mis fin à ses fonctions, et les parents ont reçu une lettre d’explications et d’excuses de l’aumônier général le 7 juin, d’après le rapport.

L’enquête policière fait, elle, suite à un signalement reçu le 19 octobre 2023 par la justice de l’Inspection générale de l’Education, du sport et de la recherche (IGESR). Le parquet des mineurs a ainsi saisi le commissariat des Ve et VIe arrondissements de la capitale d’une enquête “pour injure publique en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre et provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre”, a précisé le parquet de Paris sollicité par l’AFP.

La direction de cet établissement et le diocèse de Paris jugent cependant qu’en ce qui concerne le rapport du ministère de l’Education nationale, celui-ci ne valide pas les graves reproches relayés dans plusieurs récentes enquêtes journalistiques sur l’ambiance misogyne et homophobe au sein de l’établissement. Sur BFM TV, Frédéric Gautier, directeur de Stanislas, a indiqué ce dimanche 21 janvier avoir reçu un courrier du ministère de l’Éducation nationale, dans lequel il est écrit : “Les accusations de Mediapart de sexisme, d’autoritarisme et d’homophobie ne sont pas retenues par nos inspecteurs.” Hormis le cas de cet intervenant, Frédéric Gautier estime “qu’il faudrait remonter bien avant l’actuelle direction pour qu’il puisse y avoir des faits” répréhensibles.

Nouvelle polémique sur le contournement du système Parcoursup

Plusieurs médias ont révélé, ce dimanche 21 janvier, que l’établissement scolaire Stanislas avait été rappelé à l’ordre par le ministère de l’Enseignement supérieur sur un “contournement” des règles de Parcoursup. Ces informations confirment celles de Mediapart, qui affirme que le fils de la ministre de l’Education est concerné. Un rapport dévoilé cette semaine par le média en ligne relève qu’à Stanislas, “certains élèves sont incités à renoncer à leurs autres vœux dans Parcoursup” en échange de la “garantie d’être admis” en classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE).

Le rapport note que la pratique est “très isolée” parmi les lycées ayant des CPGE. “En 2023, sur plus de 600 000 lycéens ayant formulé des vœux dans Parcoursup, il y a seulement 41 candidats qui n’ont fait qu’un seul vœu” pour une CPGE dans l’établissement où ils sont en terminale et “38 sont des élèves de Stanislas”. Selon Mediapart, le fils aîné de la ministre de l’Education nationale, Amélie Oudéa-Castéra, figure parmi ces 38 élèves.

Le ministère de l’Enseignement supérieur a fait savoir ce dimanche qu’à l’issue de ses investigations l’inspection générale “a adressé en août un courrier faisant état de ce contournement”. Le ministère précise qu'”il a été demandé au chef d’établissement de confirmer que toutes les dispositions sont prises en ce sens au sein de son établissement pour la session 2024 qui s’ouvre”, afin de respecter l’équité entre les candidats aux classes préparatoires, et “appréciera les actions à conduire en regard des réponses du chef d’établissement”.

Le directeur de Stanislas, Frédéric Gautier, s’est là aussi défendu sur le plateau de BFMTV, affirmant que les élèves de l’établissement décidaient “eux-mêmes” du choix qu’ils font”, précisant encore qu'”il y a largement de la place pour tous les autres élèves qui veulent postuler”. Dans une réponse fournie à Mediapart, l’entourage de la ministre a fait savoir que “comme d’autres familles”, la sienne “a suivi la procédure prévue par Stanislas et chacune des étapes prévues par Parcoursup”.

Interrogée dans l’émission “Questions politiques” (France Inter, FranceinfoTV et Le Monde) sur le fait de savoir si Amélie Oudéa-Castéra était trop fragilisée pour rester à son poste, la ministre déléguée à l’Egalité hommes/femmes Aurore Bergé a assuré ne pas voir “pourquoi elle n’aurait pas la possibilité de rester”. “A un moment, il faut qu’on arrête avec ce sujet-là”, a-t-elle lancé, jugeant “insupportable” d’aller “fouiller dans l’intimité des familles”.

Oudéa-Castéra se déporte des dossiers concernant l’établissement

Dans le cadre de ses fonctions ministérielles et devant la polémique, Amélie Oudéa-Castéra avait décidé, dès jeudi 18 janvier, de “se déporter des actes relatifs” à l’établissement, alors que l’opposition de gauche et les détracteurs de l’enseignement privé l’accusent de partialité dans le dossier “Stanislas”. “Par ce déport effectif et sans délai, Amélie Oudéa-Castéra répond favorablement à la recommandation du président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique”, avait alors appris BFMTV. La ministre avait auparavant annoncé “un plan d’action” mis en œuvre entre le rectorat et “Stanislas”.

La Région devrait maintenir ses subventions

Après la première salve de polémiques, la mairie de Paris a annoncé suspendre sa subvention, un financement obligatoire de 1,3 million d’euros, toujours selon BFMTV. Cette dernière souhaite en effet attendre des “clarifications” de la part de l’Etat. La Région Ile-de-France, elle, devrait maintenir son aide, bien qu’elle a reconnu vendredi 19 janvier “des manquements manifestes” de la part de l’école. “Une enveloppe de 917 000 euros” devrait être votée le 31 janvier, selon Le Parisien.

“A partir du moment où l’État maintient le contrat d’association […] le financement est maintenu”, justifie l’entourage de Valérie Pécresse, présidente Les Républicains de la région. L’enveloppe qui doit être votée fin janvier serait la plus importante de la région pour une école privée, toujours selon le quotidien francilien.

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