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“Les agriculteurs attendent des mesures cohérentes”, a déclaré mercredi sur X Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA. Après plusieurs jours de mobilisation des agriculteurs, qui ont notamment mis en place des barrages routiers sur plusieurs axes du pays, le principal syndicat agricole a transmis sa liste de revendications au gouvernement. La FNSEA dit attendre un “changement structurel fort”. Les représentants du syndicat ont – à l’instar de ceux de la Coordination agricole, deuxième organisation représentative – rencontré lundi le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture. Gabriel Attal réunit également jeudi les ministres de l’Agriculture, de la Transition écologique et de l’Economie. Des premières mesures devraient être annoncées jeudi ou vendredi, a-t-on appris de sources concordantes au sein de l’exécutif.

Dans un communiqué commun publié mercredi, la FNSEA et le syndicat Jeunes Agriculteurs axent leurs revendications autour de trois axes : “la dignité des agriculteurs”, “la juste rémunération de leur travail” et “la nécessité de rétablir des conditions d’exercice du métier acceptables”.

Un maintien de l’allègement fiscal sur le carburant

Sans surprise, et conformément aux prises de parole des agriculteurs sur le sujet, la FNSEA réclame des mesures à la suite de l’abandon progressif d’une ristourne fiscale sur le carburant. Le GNR, gazole non routier, utilisé par les agriculteurs dans les tracteurs, fait aujourd’hui l’objet d’une réduction de la taxation au bénéfice des agriculteurs. Mais après une négociation menée par le gouvernement avec la FNSEA, une suppression progressive de cette aide étalée jusqu’à 2030 a été programmée, dans le but d’inciter les professionnels à consommer moins.

Sur ce point, le syndicat demande désormais une “compensation intégrale pour tous […] via la mise en place immédiate du crédit d’impôt et l’intégration dans le prix payé du montant actuellement remboursé”.

Garantir un “respect absolu des lois EGAlim”

“Une juste rémunération est indispensable pour valoriser le travail des agriculteurs et leur donner des perspectives et de la lisibilité sur l’avenir”, écrivent la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. “Cette problématique de longue date doit trouver sa réponse dans l’application pleine et entière des lois EGAlim et de leur état d’esprit par la construction du prix en marche avant.”

Les lois EGAlim, dont la première a été votée en 2018, la seconde en 2021 et la troisième en mars 2023, visent à protéger la rémunération des agriculteurs en encadrant les négociations avec la grande distribution. La loi EGAlim 2 avait ainsi interdit la négociation du prix des matières premières par les grandes surfaces. Mais les syndicats reprochent aux acteurs de la grande distribution de ne pas respecter le texte. Selon la Coopération agricole, certains distributeurs “renient le principe de non-négociabilité du prix des matières premières agricoles et refusent de reconnaître la hausse des coûts de production industriels (énergie et salaires)”.

Le déblocage des aides européennes

Le premier syndicat agricole a également exigé dans ses revendications transmises au gouvernement le “paiement de toutes les aides PAC [politique agricole commune européenne] immédiatement, quelles que soient les raisons du non-paiement”, ainsi que “le paiement dans les plus brefs délais de l’ensemble des indemnisations sanitaires et climatiques […] dues par l’Etat” et leur défiscalisation.

La liste des revendications de la FNSEA mentionne également la nécessité d'”aider immédiatement les secteurs les plus en crise : viticulture et agriculture biologique”, victimes des pressions inflationnistes.

Les revendications des syndicats agricoles sont montées d’un cran concernant la réglementation européenne : ils ne demandent plus seulement l’arrêt des “surtranspositions” des règlements européens par la France, mais réclament de supprimer des mesures existantes.

Un “moratoire” sur les pesticides

Les syndicats s’étaient déjà exprimés contre certaines dispositions européennes, notamment concernant l’obligation du maintien en jachère de 4 % des exploitations nécessaire pour percevoir certaines subventions. Le pacte vert (Green deal) européen, un ensemble de mesures pour la transition écologique des Etats membres de l’UE, avait provoqué de vifs débats chez une partie du monde agricole.

D’autres mesures sont désormais ciblées par les agriculteurs, comme celle concernant les zones de non-traitement par des produits phytosanitaires (ZNT), où le traitement par les pesticides est interdit à proximité d’habitations ou de cours d’eau. L’arrêté “plan eau” de 2021, qui encadre les prélèvements d’eau pour l’agriculture face aux sécheresses, est également critiqué.

Les syndicats exigent également un “moratoire sur les interdictions” de pesticides et un “rejet d’Ecophyto”, le plan gouvernemental qui vise à réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici à 2030, par rapport à 2015-2017.

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